Letra de Paris lumière
Hé, salut tout l'monde, comment ça va? Nous, faut qu'ça aille, merci, et vous? Souvent on se demande pourquoi Les gens sont v'nus nous voir comme ça Qu'est-ce qu'on a donc de si différent Ou de marrant? Est-ce pour oublier, pour passer l'temps Ou pour rêver?Vous et nous, on est comme deux miroirs Qui se font face, hors du temps Deux miroirs doués d'une grande mémoire Vivants, présents et chatoyants Dans l'eau dormante de cette attente, on va lancer Un petit caillou qui va rider Cette immobilitéAutrefois y avait des gens Qui ont dit "Faisons des villes Pour enterrer nos frayeurs Ce s'ra plus simple à plusieursCe s'ra plus simple à beaucoup Derrière nos murs de pierre L'oeil collé aux meurtrières De chasser les hordes de loupsDe chasser tout c'qu'est pas nous Étrangers, pestiférés Truands, saltimbanques, filous Juifs errants et faux prophètesJour et nuit, de la lumière Temples d'or chatoyants Rumeurs douces de la vie Tous les samedis, la fêteL'âge d'or des villes vint Villes-phares éblouissant Vers qui vont tous les désirs Et les rêves de continentsEt puis les villes ont grandi Sont devenues boulimiques Monstrueuses et hystériques Bouffant tout, ne rendant rien Gigantesques, tentaculaires Boursouflées et hydropiques Pestilentielles et criardesVilles mutilées dans leur corps Qui exhalent des senteurs De mille tortures chimiques Cadavres très avancésNous, nous sommes les produits D'une de ces saloperies Ça s'appelle Paris-Lumière Ça agonise comme VeniseSous les ponts de Paris Coule massivement la mort "Sous les ponts de Paris Coule la Seine" et la merdeNous, nous sommes les produits D'une de ces saloperies Où l'un est l'ennemi de l'autre Retranché aveugle et muetChacun fait sa propre geôle Dans un désert surpeuplé Des millions de morts s'agitent Dans un flot d'indifférenceTu me croises, je te croise Et vite nos regards s'évitent On se frôle par accident C'est la décharge électriqueLes nourritures éclectiques Ensachées dans du plastique Vont faire de nous des mutants Grosses têtes et corps étiquesEt bientôt le Centième Plan Bétonnera notre cerveau Plus jamais d'insurrection Grâce au conditionnementAlors nous, naïvement Pour nous sauver du néant Par nos guitares fluettes Nos ridicules voix aphonesOn balance nos curieux chants Chants dérisoires inutiles Essayant, juste un moment D'être avec vous, vous avec nousPuis après, comme si souvent Dans la salle morte et déserte La solitude va rentrer Nous aider à tout rangerDans la nuit les bagnoles vont Vers l'hôtel aseptisé Dont les murs pissent une musique De pauvres musiciens châtrésEt dans le lit seul et froid Mains en coquille sur le sexe Comme un foetus dans un ventre Rêves enluminés d'enfantHé, salut tout l'monde, comment ça va? Nous, faut qu'ça aille, merci, et vous? Souvent on se demande pourquoi Les gens sont v'nus nous voir comme ça Qu'est-ce qu'on a donc de si différent Ou de marrant? Est-ce pour oublier, pour passer l'temps Ou pour rêver?